Lundi 7 septembre 2009
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L'Altervillage à l'Elabo
L'altervillage d'Attac sur les formes de la pratique militante a cette année planté son chapiteau,
sa yourte, son bus solidaire et ses tentes à l'Elaboratoire, un squat artistique installé dans une friche industrielle de Rennes..
C'est le genre de coin que le quidam moyen a habituellement tendance à fuir au plus vite, s'il a eu la mauvaise idée de s'y perdre : ambiance punk à chien,
carcasses de voitures, camions et caravanes... A l'inverse, nous (environ 70 militants d'Attac, toutes tendances et âges confondus), y avons vécu pendant une semaine une expérience hors
norme...
Les lieux sont occupés par toute une tribu d'artistes qui ont décidé de vivre en marge de la société pour créer librement. Alors, forcément, il y a des contraintes
: ils vivent essentiellement de récup' pour la bouffe et tout le reste, notamment les matériaux bruts de leurs oeuvres. Mais ensuite, c'est la créativité qui parle, assaisonnée d'une convivialité
et d'un humour inoxydables... Il règne ainsi dans ce lieu une ambiance indescriptible de création débridée, communicative qui plus est...
Toute la semaine, les ateliers d'échange de savoir du matin ont fourni un bel exemple d'écoute entre militants ou non, timides ou grandes gueules, alter-vieux ou
jeunes mondialistes, autour de sujets aussi divers que les circuits-courts, l'éco-habitat, l'autogestion, la non violence ou les logiciels libres.... Après un bon repas bio mitonné en commun par
l'alter-cuisine de choc, l'après-midi était réservée à l'action, guidée par les idées du matin. Nous nous sommes ainsi vite pris au jeu du lieu et, du théâtre forum, aux clowns activistes, en
passant par la danse contact, la web radio, la soirée disco, les chorégraphies de caddies, les boeufs de l'alter-bar, le slam et la "criée publique, une étrange alchimie s'est peu à peu tissée
entre notre groupe d'altervillageois et les élaborantins... Belle tranche de vie qui a vu peu à peu les différences s'effacer entre des gens a priori très différents, mais motivés pour vivre
ensemble et "créer des trucs".
Car c'est bien ce qu'on a fait au final : créer. Des affiches, des rigolades, des sketches, des quiproquos, des oeuvres qui se prennent pas au sérieux, des liens
entre des voisins qui s'ignorent... A la fin de la semaine, nous sommes tous repartis de notre côté, un peu plus riches de ces échanges élaboratorés à l'Altervillage qui, décidément, contribue à
faire bouger les lignes … d'Attac.