Jeudi 10 avril 2008

Le coût de l'éducation est supporté aux Etats-Unis par l'état fédéral (pour 5.1% du PIB), au moyen de subventions directes et par un grand nombre de bourses au mérite sportif et académique. Les Etats Unis sont cependant le pays de l'OCDE, avec la Corée, pour lesquels la part de financement privée (supporté par les familles) est la plus importante dans le financement de l'éducation. Ce financement privé des études représente ainsi 2.3% du PIB. Les parents et les étudiants investissent donc énormément d'argent dans le cursus scolaire et ont pour ce faire de plus en plus souvent recours à des prêts banquaires, engendrant un endettement étudiant galopant. Le coût moyen des études dans les universités sponsorisée par les états est d'environ 6000$ par an et peut aller jusqu'à 50 000$ annuels dans les meilleurs universités privées. Pour comparaison, parmi les 19 pays de l'UE, 2 seulement (l'Irlande et les Pays-bas) exigent de leurs ressortissants nationaux des droits de scolarité annuels qui représentent plus de 1 100 USD par étudiant scolarisé à temps plein, mais ces droits sont perçus par des établissements privés subventionnés par l'Etat1.

Le pourcentage de jeunes obtenant un diplôme de l'enseignement supérieur est équivalent à celui enregistré en France (environ 27%), cependant le taux d'illétrisme est l'un des plus élevé des pays développés et le niveau scolaire des étasuniens en premier cycle est relativement faible comparé à celui des autres pays occidentaux. La qualité de l'éducation prodiguée aux enfants aux Etats Unis étant avant tout fonction de la richesse de leurs parents, on peut s'attendre à retrouver les énormes disparités observées dans les revenus au niveau de l'éducation. Certes il existe un grand nombre établissements scolaires d'élite aux Etats Unis, classés parmi les meilleurs du monde, mais il existe un nombre bien plus important d'écoles (souvent publiques) en état de total délabrement, d'où un niveau scolaire moyen relativement faible. Dans ce cas, comment les Etats Unis maintiennent-ils leur leadership en terme de recherche et d'enseignement supérieur? En attirant des étudiants étrangers au moyen de bourses doctorales et de juteux contrats post-doctoraux. La proportion d'étudiants étrangers dans les universités et laboratoires US demeure ainsi élevée, notamment dans tout ce qui touche l'analyse quantitative.

Ce système éducatif très sélectif induit un niveau de stress très élevé chez les étudiants et les parents d'étudiants, qui rêvent d'offrir à leurs enfants de bonnes études. Les jeunes pleins d'avenir, ceux dont les parents ont les possibilités financières de financeer des études dans une bonne université, sont habitués dès leur plus jeune âge à se constituer le meilleur CV possible, en accumulant bons résultats scolaires, mais aussi sportifs, et en s'impliquant dans des activités associatives. Leurs parents travaillent de leur côté d'arrache-pied pour pouvoir leur offrir une bourse pour une bonne université. L'éducation est un bien marchand à haute valeur ajoutée, qui se monnaye et se markette. Les universités sont ainsi aussi des marques et écoulent une kyrielle de produits dérivés, des abonnements au stade et récoltent de juteux contrats publicitaires et droits de diffusion TV, en cas de bons résultats sportifs. La compétition sportive, la fierté d'appartenir à un clan universitaire et de porter haut la bannière de l'école sont des valeurs très importantes aux USA, qui ont engendré le développement d'une industrie florissante du sport universitaire. Celui-ci est aussi populaire que le sport professionnel, et beaucoup moins coûteux! Pensez donc, il suffit de fournir des bourses à quelques jeunes souvent issues des minorités (noires) pauvres, pour disposer de bonnes équipes, et encaisser ensuite les retombées financières. Beaucoup plus intéressant que le sport professionnel et les salaires astronomiques des ex-star universitaires passées de l'autre côté de la barrière!

L'omniprésence de l'argent dans le système éducatif nuit également à l'impartialité des professeurs : payés et évalués par leurs étudiants, ils ne peuvent se permettre de donner de trop mauvaises notes, au risque de récolter eux-même un zéro pointé! J'ai vu à Hawaii un professeur de statistiques promettre la note maximale à ses étudiants s'ils envoyaient au moins un email par semaine à la liste de diffusion de son cours! Je retiens de ma propre expérience du système universitaire étasuniens que les étudiants et leurs professeurs sont sélectionnés avant tout sur leurs capacités à obtenir des bourses de recherche et à diffuser leurs résultats, plutôt qu'à réellement finaliser leur recherche, tirer la quintessence de leurs données. Ce travers est compensé par l'énorme quantité d'argent disponible pour mener des expériences non envisageables ailleurs par manque de moyens.

par Blondin publié dans : L'Amérique!!
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 7 avril 2008


Gaetan était avant tout un être humain. Humain au sens où il était étroitement connecté avec ses semblables et avait développé une empathie unique avec eux. Il semblait parfois doué de double vue, capable de dénouer l'écheveau de l'avenir, afin d'avertir ses proches des périls futurs. Tel un gourou indien, il dialoguait sans relâche avec ses frères humains, s'appropriant leurs problèmes et dispensant de précieux conseils, dictés par sa lucidité acérée et par un souci constant de préserver l'autre des embûches de la vie.

Gaetan était aussi un formidable combattant. Refusant la fatalité, il s'est toujours rebellé contre l'évidence et a tenté d'infléchir jusqu'au bout le cours du destin. La vie lui a réservé une ultime épreuve, au cours de laquelle il a fait montre d'une bravoure et d'une volonté saluée par tous ceux qui l'ont côtoyé dans ces moments sombres. Il nous laisse ce merveilleux exemple d'un homme qui ne baissa jamais les bras et se battit toujours avant tout pour les autres.

L'expérience a montré que, parmi les naufragés confrontés à des conditions de survie en mer effroyables, ceux qui arrivaient à se transcender pour échapper au découragement et à la folie n'étaient pas les plus robustes physiquement, mais ceux qui avaient la volonté farouche de vivre pour les êtres chers restés à terre. Gaetan était de cette trempe et s'il a survécu si longtemps au naufrage de son propre corps, c'est avant tout pour préserver tous les proches qui se bousculaient à son chevet.

Il vit maintenant en chacun de nous, ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer. Il ne tient qu'à nous de faire bon usage des valeurs de compassion et de courage qu'il nous a léguées, afin d'honorer sa mémoire.


par Blondin publié dans : La vie...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus